Mouvement Sherbrooke Démocratie

Le Renouveau Sherbrookois propose une réforme qui l’avantage

Sherbrooke, 28 janvier 2014 — Le Mouvement Sherbrooke Démocratie (MSD), suite à l’analyse qu’il a faite du document de 60 pages présentant la réforme de la gouvernance à Sherbrooke, s’inquiète des conséquences politiques possibles d’une réduction drastique du nombre d’élus. Ses membres se questionnent sur les intentions réelles qui pourraient se cacher derrière le projet proposé par le Renouveau Sherbrookois. Il est en effet raisonnable de penser qu’en agrandissant les districts électoraux, il sera plus difficile pour des candidats indépendants d’être élus. Les partis politiques disposent généralement de plus de ressources : ils investissent dans des logiciels électoraux onéreux, procèdent à des appels automatisés, ont des employés à leur service et une équipe de bénévoles centralisée qui effectue des tâches pour tous les districts. Les partis ont aussi, évidemment, un avantage financier indéniable puisqu’ils peuvent récolter des dons en tout temps et non seulement en période de campagne électorale.

Les citoyens ont doublement raison d’être méfiants puisqu’aucun argument sérieux n’est avancé pour rassurer ceux qui craignent la création d’un déficit démocratique. Par exemple, la réduction du nombre d’élus est proposée sans que le cabinet du maire ait cru bon de fournir des données sur le travail réel d’un élu. Comment peut-on dire que l’on tient compte de la charge de travail d’un conseiller alors qu’on ne peut fournir de données sur le sujet? Cette réforme n’est-elle basée que sur des impressions?

Il nous semble donc que les conséquences politiques de la réforme Sévigny ont été sous-estimées, voire occultées. Comme le rédacteur en chef de la Tribune l’affirmait le 25 janvier dernier dans un éditorial, il est impératif de prendre le temps de « mesurer les conséquences » du changement proposé. Dans les circonstances, Claude Dostie, coporte-parole du MSD, considère qu’il est approprié d’appliquer le principe de précaution : « Le maire aime bien parler des conséquences économiques de sa réforme, mais quelles seront les conséquences politiques? On le voit, à l’Hôtel de Ville, la dynamique a changé radicalement depuis que le parti est quasiment majoritaire. Les conseillers du Renouveau Sherbrookois représentent d’abord et avant tout leur parti. Nous croyons que ça va empirer avec la réforme. Ce n’est pas à l’avantage des  Sherbrookoises et Sherbrookois, ce n’est ni ce qu’ils veulent, ni ce pour quoi ils ont voté. »

Le MSD prône une approche plus prudente basée sur une évaluation raisonnable des conséquences possibles. « Avec seulement 12 conseillers municipaux, il suffit pour un parti politique de faire élire 6 personnes pour obtenir la majorité des voix au conseil. On se retrouve donc avec une poignée de 7 personnes qui peuvent gouverner une grande ville comme Sherbrooke comme bon leur semble. Les effets pervers de la partisanerie risquent d’empirer dans les prochaines années. Il deviendra de plus en plus difficile pour des candidats indépendants de se faire élire, car ils auront à affronter des candidats soutenus par des partis politiques organisés qui leur offrent pratiquement des élections clés en main. Est-ce vraiment ce que nous souhaitons pour la Ville de Sherbrooke? », demande Évelyne Beaudin, coporte-parole du MSD.

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Pour informations :

Évelyne Beaudin
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Claude Dostie Jr
819 346 4854 ou
819 565 4798